Valerio Varesi, "La pension de la via Saffi"

25/03/2019

Le commissaire Soneri est un solitaire, qui peut nous rappeler le Maigret de Simenon. Toujours pas de poursuites motorisées endiablées ou de suspens sanglant et macchiavélique dans ce second roman traduit en français, mais une énigme qui se déroule lentement dans Parme, ville prisonnière d'un brouillard à couper au couteau. A nouveau, Varesi nous entraine dans un passé où les combats idéologiques d'une autre époque ont laissé des traces que le temps efface à peine. L'enquête sur le meurtre de la vieille Ghitta Tagliavini, qui va mener Soneri sur les traces de politiciens corrompus, va aussi le confronter au passé de son épouse décédée, et le tourmenter à n'en plus trouver le sommeil.

"Quelques jours avant Noël, Ghitta Tagliavini, propriétaire d'une petite pension à Parme, est retrouvée assassinée. Cette pension, le commissaire Soneri la connaît bien : il y a rencontré sa femme, Ada, tragiquement disparue. Très prisé des étudiants, ce lieu se révèle alors régi par l'adultère, le chantage et la corruption. La découverte, au cours de l'enquête, d'une mystérieuse photographie jaunie fait vaciller les certitudes de Soneri : qui est l'homme qui enlace sa femme ? "

Ce second roman est aussi agréable que le premier, et son déroulement tout aussi tranquille. On s'attache vraiment à Soneri, personnage en souffrance, qui n'accepte aucune compromission, mais voit autour de lui s'écrouler les valeurs de sa jeunesse dans un monde en décomposition.